Les maisons des illustres au féminin. Enquête dans les maisons-musées des « grandes femmes » françaises
par Julie Verlaine, Professeure d’histoire contemporaine, Université de Tours
Résumé
En France, 32 édifices labellisés « maisons des illustres » sont associés à une ou plusieurs femmes, sur les 266 lieux distingués par le ministère de la culture. L’étude des modalités de sauvegarde et de valorisation de ces édifices, à court ou moyen terme après la mort de leur illustre résidente, permet de questionner au prisme du genre les dispositifs et les discours portés par les institutions publiques et privées actrices de leur matrimonialisation. La dimension mémorielle est également cruciale, dans ses déclinaisons principales que sont la sociabilité, l’écriture et l’intimité, avant que la question de la montée et l’inclusion d’une pensée féministe de l’histoire des femmes et de ces femmes ne soit posée.
Velpeau et les autres. Réflexions sur le portrait de groupe de médecins
par Jérôme van Wijland,Directeur de la bibliothèque de l’Académie nationale de médecine
Résumé
Après être né et avoir fleuri au Siècle d’or néerlandais, le portrait de groupe de médecins s’épanouit de nouveau dans la deuxième moitié du XIXe siècle, réactivé tout particulièrement par Augustin Feyen-Perrin et sa Leçon d’anatomie du Docteur Velpeau (1864), s’imposant comme un topos de la représentation réaliste ou naturaliste, en Europe comme aux États-Unis d’Amérique. Comment interpréter ces œuvres ? Relèvent-elles de l’allégorie, de la peinture d’histoire, sont-elles des formes hybrides ? Certains de ces portraits, à mesure que l’on s’éloigne du didactisme de la fin du XIXe siècle, s’affranchissent des formes canoniques pour se rapprocher de la peinture de genre, voire de l’intime, ou porter un discours social et politique nouveau.
